Après un semi ou un marathon : les blessures à surveiller

Coureur assis sur un banc après une course, se massant le mollet, un matin d’automne

Le Marathon de Lille 2026 s'est couru hier, avec son semi-marathon et son 10 km : bravo à toutes celles et ceux qui ont franchi la ligne d'arrivée ! Le lendemain d'une telle course, avoir les jambes lourdes et des courbatures est tout à fait normal. Il est pourtant utile de savoir distinguer la fatigue normale d'une vraie blessure, pour récupérer dans de bonnes conditions. Voici les principales blessures qui peuvent apparaître après un semi ou un marathon, et les signes qui doivent vous alerter, dans mes cabinets de Santes et d'Annœullin.

À noter : cet article présente une vue générale et ne remplace pas un avis médical. Une douleur intense, un gonflement important ou une impossibilité de poser le pied doivent faire l'objet d'une consultation médicale.

Les courbatures : normales, mais passagères

Ce sont les douleurs les plus fréquentes après une longue course. Liées aux micro-lésions des fibres musculaires, elles apparaissent dans les heures qui suivent l'effort, atteignent souvent leur pic 24 à 48 heures après la course, puis diminuent progressivement en quelques jours. Elles touchent surtout les cuisses (notamment l'avant) et les mollets, et rendent les escaliers particulièrement pénibles. Si elles s'atténuent jour après jour, rien d'inquiétant : c'est le signe que le corps récupère.

Les tendinopathies

Le tendon d'Achille (à l'arrière de la cheville) et le tendon rotulien (sous la rotule) sont très sollicités pendant une longue course. Une douleur localisée sur le tendon, plus marquée le matin au réveil ou au début d'un mouvement, avec parfois une sensation de raideur, doit vous faire lever le pied. Mieux vaut ne pas reprendre la course tant que la douleur persiste.

Le syndrome de l'essuie-glace

Il se manifeste par une douleur sur la face externe du genou, liée au frottement de la bandelette ilio-tibiale. Typiquement, la douleur apparaît après un certain temps de course, puis devient vite gênante, notamment en descente ou dans les escaliers. Il est fréquent chez les coureurs ayant augmenté rapidement leur volume d'entraînement.

La douleur à l'avant du genou

Le syndrome fémoro-patellaire se traduit par une douleur autour ou derrière la rotule, accentuée en descendant les escaliers, en s'accroupissant ou après être resté longtemps assis jambes pliées. La répétition des impacts sur une longue distance peut le déclencher ou le réveiller.

La périostite tibiale

Elle provoque une douleur diffuse le long du bord interne du tibia, sur plusieurs centimètres. Elle est souvent liée à une surcharge d'entraînement ou à des surfaces dures. Attention à ne pas la confondre avec une fracture de fatigue, dont la douleur est plus précise (voir plus bas).

L'aponévrosite plantaire

Elle se traduit par une douleur sous le talon ou sous la voûte plantaire, typiquement très marquée lors des premiers pas le matin, puis qui s'atténue un peu en marchant. Elle touche fréquemment les coureurs après un gros volume de course.

Contractures et déchirures musculaires

Une contracture donne une douleur diffuse avec une zone dure et tendue dans le muscle. Une déchirure (ou "claquage"), elle, se manifeste par une douleur brutale, parfois comme un coup de poignard, souvent ressentie pendant la course, avec une douleur précise à la palpation et parfois un hématome dans les jours suivants. Mollets, ischio-jambiers et quadriceps sont les plus touchés. En cas de suspicion de déchirure, un avis médical s'impose.

La fracture de fatigue

Plus rare, mais à ne pas négliger : elle se traduit par une douleur osseuse très localisée (souvent sur le pied ou le tibia), qui persiste au repos, s'aggrave à l'appui et ne s'améliore pas avec les jours. Si vous pouvez désigner la douleur du bout du doigt sur l'os, consultez votre médecin : seul un examen d'imagerie permet de confirmer le diagnostic.

L'entorse de cheville

Pavés, trottoirs, gobelets aux ravitaillements : une torsion de cheville peut vite arriver, surtout en fin de course quand la fatigue rend les appuis moins précis. Douleur, gonflement et parfois hématome sur la face externe de la cheville doivent conduire à un avis médical si l'appui est difficile.

Les petits maux du coureur

Ampoules, ongles noirs, échauffements de la peau : sans gravité, ils méritent tout de même quelques soins pour éviter l'infection. Désinfectez, protégez, et laissez la peau cicatriser avant de reprendre.

Les signes qui doivent alerter

Certains symptômes ne relèvent pas de la simple fatigue et nécessitent une consultation médicale rapide, voire les urgences :

  • Urines très foncées (couleur thé ou cola), associées à des douleurs musculaires intenses ou une grande faiblesse : ce peut être le signe d'une atteinte musculaire importante (rhabdomyolyse), qui nécessite une prise en charge en urgence.
  • Douleur dans la poitrine, essoufflement anormal, palpitations ou malaise : appelez le 15.
  • Confusion, maux de tête intenses, nausées ou vomissements persistants dans les heures qui suivent la course.
  • Impossibilité de poser le pied, gonflement important ou déformation.

Quand l'ostéopathe peut-il intervenir ?

Une fois les courbatures passées, généralement 3 à 7 jours après la course, une séance d'ostéopathie peut aider le corps à retrouver sa mobilité : relâcher les tensions installées, redonner du mouvement aux articulations qui ont compensé pendant l'effort (chevilles, genoux, bassin, bas du dos) et préparer une reprise progressive. En revanche, en cas de suspicion de déchirure, de fracture de fatigue ou d'entorse importante, c'est d'abord un avis médical qu'il faut obtenir. Pour savoir comment préparer vos prochaines courses, vous pouvez relire mon article Course à pied et ostéopathie : bien préparer son marathon.

Bien récupérer dans les jours qui suivent

Privilégiez le repos actif plutôt que l'immobilité complète : marche, vélo léger ou natation douce favorisent la récupération. Hydratez-vous bien, soignez votre sommeil et votre alimentation, et laissez passer au moins une à deux semaines avant de reprendre la course, en commençant par des sorties courtes et lentes. Enfin, écoutez votre corps : une douleur qui persiste ou qui modifie votre foulée est un message à ne pas ignorer.

Pierre Delcourt, ostéopathe D.O., vous reçoit dans ses cabinets de Santes et d'Annœullin.



Pierre Delcourt

Pierre Delcourt est ostéopathe agréé sur Santes et Annoeullin

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